« Terreur à la fac » par Augustine Midavaine

Ce jour-là nous étions mardi, j’étais pressée de me rendre à l’université, car durant toute cette matinée j’étais en cour avec ma meilleure amie ainsi que Noémie, une de nos amies proches. Nous avons été toutes trois élevées ensemble, inséparables comme les trois mousquetaires.

Durant les deux premières heures nous avons eu italien. Ensuite, à l’intercours, Noémie nous raconta que la veille, elle avait pratiqué le spiritisme. Un esprit s’était manifesté, mais c’était un mauvais esprit, il était menaçant. Lors de la séance il avait tenté de l’agresser en lançant des objets sur elle, « comme dans les films d’horreurs » disait-elle. Malheureusement lorsqu’une séance
de spiritisme se finit mal et que l’on termine précipitamment le rituel, il se peut que l’esprit ne reparte pas dans l’au-delà et reste parmi nous dans notre monde, celui des vivants. Et cette séance s’était terminée précipitamment…

Nous nous rendions toutes trois en Anglais, une classe dispersée en forme de « u ». Pauline, ma meilleure amie, tournait le dos à la porte suivie de Noémie et de moi-même. Le cour débuta normalement, lorsqu’au milieu de l’heure, la porte s’ouvrit toute seule en grinçant, puis claqua d’un coup sec et violent ; puis elle recommença à se rouvrir et se refermer, plusieurs fois sans s’arrêter. La classe était plongée dans le silence, seulement troublé par le grincement de la porte qui s’ouvrait lentement et par le bruit épouvantable qui résonnait quand elle se refermait. Tout le monde regardait cette porte et puis quelqu’un déclara sans conviction « c’est le vent !! », suivi d’un éclat de rire général, plus nerveux que vraiment joyeux. Alors, la classe fut plongée dans le noir complet, la porte se rouvrit avec ce petit bruit stridant, puis se referma violemment une dernière fois contre le mur, et la lumière se ralluma.

Alors que nous revoyions de nouveau, nous découvrîmes horrifiés un dessin épouvantable à la craie sur le tableau de la classe ; il représentait avec un réalisme aussi surprenant qu’insoutenable un personnage recouvert de blessures. A certains endroits de son corps, nous pouvions même voir ses os. Noémie commença à devenir hystérique, et avec Pauline nous essayâmes de la calmer, ce qui n’était pas évident, bouleversées comme nous l’étions déjà nous-mêmes.

Mais d’un coup le poste qu’utilisait parfois notre professeur pour les compréhensions orales s’alluma tout seul, en lançant une musique comme « Hedwigs theme ». Noémie partit de la salle de classe en courant. Le temps que nous la rattrapions accompagnées du professeur, nous la découvrîmes allongée sur le sol deux étages en dessous, son visage était marqué par une vision d’horreur, elle ne respirait plus, et ces yeux n’affichaient plus son âme.

Cet évènement traumatisant nous marqua tous à l’université, et depuis ce jour avec Pauline nous regrettons de ne pas l’avoir retenue, mais que lui était-il donc arrivé dans cet escalier ? Pourquoi cet esprit lui voulait-il donc autant de mal ? Pourquoi elle ? Pourquoi pas moi ? Ou quelqu’un d’autre ? Cet esprit est-il reparti chez lui ? Qui sera donc sa prochaine victime ? Que cherchait-il en lui autant la vie de cette façon ?

Depuis ce jour, je ne vais plus en cour, je prends des cours à domicile, je vais régulièrement chez le psychologue. Et la nuit, je fais des cauchemars : comment pourrai-je revivre normalement avec cela ?

augustine-bis dans Productions d'élèves

 

Publié dans : Fantastique, Productions d'élèves | le 25 mars, 2013 |1 Commentaire »

Analyse de La Chute d’Icare de Bruegel l’Ancien par Coralyne Fallet, Augustine Midavaine, Océane Desse, Camille Blervacq et Yolène Her

Dédale et son fils Icare, retenus prisonniers dans le labyrinthe du roi Minos en Crète, tentèrent de s’échapper en confectionnant des ailes à l’aide de cire et de plumes. Dédaignant les conseils de son père, grisé par sa toute nouvelle capacité, Icare vola trop près du soleil. Son imprudence provoqua la fonte des ailes, sa chute et sa noyade dans la mer.

Analyse de La Chute d'Icare de Bruegel l'Ancien par Coralyne Fallet, Augustine Midavaine, Océane Desse, Camille Blervacq et Yolène Her dans Analyses de l'image bruegel

C’est cet épisode de la mythologie grecque que représente le tableau La Chute d’Icare de Bruegel l’Ancien. Ce peintre appartient au mouvement culturel qui se nomme l’Humanisme. L’Humanisme consiste à mettre l’homme au centre de toutes les préoccupations et favoriser le progrès et l’évolution de l’esprit humain.

Dans cette représentation du mythe d’Icare, on distingue de nombreuses oppositions. Pour le constater plus aisément, il suffit de partager le tableau en deux parties. La ligne de démarcation apparaît en suivant la rive. La mer et le ciel se trouvent ainsi en opposition avec la terre. Les deux premiers éléments renvoient à l’univers qui reste majoritairement inconnu à l’époque, objet de fantasmes et de mythes, qui n’a pas encore livré tous ses mystères, tandis que le continent symbolise l’univers concret, le réel, ce qui nous est familier.

Malgré le titre du tableau, ce n’est pas Icare que Bruegel a voulu mettre en évidence, et on ne remarque le personnage qu’après une longue observation : il se situe au second plan dans la mer et on ne distingue que l’une de ses jambes hors de l’eau. Il est en train de se noyer, la chute a déjà eu lieu. Il représente l’image du mythe, de l’imaginaire.

lachute-dicare-3 dans Humanisme

Lorsque l’on est devant le tableau, le regard est surtout attiré vers l’homme au premier plan, l’agriculteur qui travaille la terre. A l’inverse d’Icare, il représente le réel, ce qui est concret. Les deux personnages s’opposent de par leur place dans le tableau et de par leur environnement : l’homme s’oppose au mythe.

Au bord de l’eau on distingue aussi un berger qui lève les yeux au ciel, tandis que l’agriculteur a le regard rivé sur le sol qu’il laboure : les deux aspirations de l’Homme sont ainsi révélées : d’une part la recherche de l’Idéal incarnée par le berger, d’autre part l’appartenance aux réalités matérielles pour le paysan. Les deux regards se croisent sur la ligne de démarcation qu’on a évoquée plus tôt, dynamisant le jeu des oppositions. Celui-ci est d’ailleurs renforcé par le fort contraste de couleurs avec un premier plan terrestre plutôt sombre et un second plan très clair, surplombé par un soleil rayonnant.

la-chute-dicare2 dans Productions d'élèves

Dans cette œuvre, Bruegel oppose donc de manière subtile l’Homme et la réalité du monde auquel il appartient aux mythes et leurs personnages imaginaires. L’individu est mis en avant au détriment des fantasmes mythologiques, mais une part de lui-même est encore tournée vers la séduction de l’ailleurs. Les bateaux qui s’éloignent vers l’horizon montrent cela et rappelle le désir d’exploration inhérent au 16ème siècle.

Publié dans : Analyses de l'image, Humanisme, Productions d'élèves | le 17 janvier, 2013 |1 Commentaire »

Analyse de l’adaptation en bande dessinée de La Chute de la Maison Usher.

CET ARTICLE EST TIRE DU BLOG DE L’OEIL PRIVE DONT L’INTEGRALITE EST DISPONIBLE A L’ADRESSE SUIVANTE :

http://loeilprivebd.blogspot.fr/2012/06/la-loupe-dino-battaglia-la-chute-de-la.html

Au début de la nouvelle d’Edgar Allan Poe, après un long et pénible voyage au milieu d’un pays lugubre,  le narrateur arrive en vue d’une demeure sur la façade de laquelle il remarque, entre autres détails inquiétants, une fissure imperceptible. C’est la Maison Usher, château appartenant à son ami Roderick Usher, dont il avait reçu plus tôt une lettre lui annonçant une grave maladie qui réclamait sa présence, et qui touchait aussi sa sœur jumelle Madeline. Après lui avoir récité le poème « le Palais hanté », Roderick soutient à son ami que la maison est vivante et malveillante. Plus tard, Madeline meurt, et Roderick annonce qu’il a l’intention de conserver son corps pendant quinze jours dans le caveau familial en attendant de procéder à son enterrement définitif. Après avoir aidé son ami, le narrateur constate une aggravation rapide de son état. Une semaine plus tard environ, il reçoit, par une nuit de tempête, la visite de Roderick, bouleversé. Celui-ci, hystérique, clame que les bruits qui résonnent dans la maison sont causés par sa sœur : il avoue en effet penser depuis plusieurs jours qu’ils l’ont inhumée encore vivante.  La porte de la chambre s’ouvre alors violemment et laisse apparaître Madeline, en sang dans son suaire. Elle avance vers son frère et tous deux succombent dans les bras l’un de l’autre. Le narrateur fuit alors de la maison et, à la lueur d’un éclair, aperçoit la fissure parcourant la façade s’élargir, causant l’écroulement de la bâtisse tout entière.

Le dessinateur Dino Battaglia a livré une excellente adaptation de ce récit en bande dessinée, dont nous allons proposer l’analyse de la première et de la dernière planche.

Analyse de l'adaptation en bande dessinée de La Chute de la Maison Usher.  dans Analyses de l'image usher1

La première planche de Battaglia présente le titre, en haut de la page, imposant et graphique, sur lequel nous reviendrons. Ensuite, deux cases se partagent le reste de l’espace, séparées l’une de l’autre par deux récitatifs condensant l’incipit de la nouvelle. La première des cases, la plus grande, est composée en escalier, épousant l’angle inférieur gauche de la page, et représente le narrateur de dos, sur son cheval, dominant un étang qui s’étale sur toute la largeur de la planche, tandis qu’un arbre décharné le domine. Le dessin gratté figure la brume, achevant ainsi de planter ce climat oppressant de mélancolie et de malaise qu’évoque le narrateur en arrivant devant la Maison Usher. L’autre case, située à droite, consiste en un insert représentant en gros plan une partie de la fissure sur le mur de la demeure, sinueuse ligne noire se frayant son chemin parmi les briques. Battaglia respecte alors totalement l’esprit de Poe en plongeant le lecteur à la suite du narrateur dans l’atmosphère fantastique du récit (il le suit, littéralement, puisque le personnage lui tourne le dos), tout en attirant l’attention sur un détail significatif, une « fissure imperceptible », mais mise en valeur sur la planche de manière à ce qu’on ne voit qu’elle. On peut d’ailleurs observer une ellipse ici, et de taille, puisqu’on ne donne pas à voir au lecteur une vue générale du château, mais directement une petite partie sur laquelle s’est focalisée la perception du narrateur : il y a alors une synecdoque qui résume l’édifice à une fissure, une faille, certes infime, mais bel et bien existante – faille qui peut à son tour se voir comme une métaphore du fantastique, l’extraordinaire se réalisant toujours à travers une fêlure dans les apparences du réel. Le raccourci de la synecdoque montre que le château s’apparente à une brèche dans la réalité, à travers laquelle le surnaturel va faire irruption dans le récit, ou réciproquement : comme si en pénétrant dans le château, on entrait de plein pied dans l’étrange.
Et cette étrangeté, on la retrouve dans la composition originale de la première case qui combine en les distinguant la dynamique verticale (la silhouette obscure du cheval et de son cavalier, prolongée par l’arbre, sur toute la hauteur de la planche) et la dynamique horizontale (l’étang, sur toute sa largeur), créant ainsi un contraste jouant sur les deux dimensions de la page : on obtient alors un échafaudage contrenature, puisque la case est à la fois composée horizontalement et verticalement, sans que cohabitent ces deux tensions, déformant de cette façon le champ de la case, traditionnellement un quadrilatère, ici tordu en deux parties, presque sur le point de rompre : c’est encore une image du fantastique, qui fait coexister le réel et l’impossible, le concret et le surnaturel, ces pôles se voyant ici résumés aux différentes lignes de force de la composition. L’équilibre est dès lors précaire, l’image oscillant de la verticalité vers l’horizontalité, et peut préfigurer le dénouement du récit, qui se clôturera, rappelons-le, par l’effondrement de la bâtisse. L’horizontalité franche sur laquelle s’épanouit la fissure sur la façade, dans la deuxième case, dissimule dès lors une fragilité plus inquiétante, tout un monde d’obscurité et de souffrance menaçant de s’en échapper au moindre craquement

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La dernière planche de la bande dessinée se concentre en toute logique sur l’excipit du récit. Le narrateur a tout juste eu le temps de sortir de la maison pour voir la fissure gagner tout le bâtiment. C’est ce que nous représente la première case, tout en verticalité : à travers la large brèche dans la façade, on voit la pleine lune briller au milieu de la nuit. La case suivante, en haut à gauche, nous dépeint le regard halluciné du narrateur tourné vers cette fissure, ne pouvant détacher sa fascination du spectacle de l’effondrement qui se présente à lui. Deux images sans cadre se succèdent sous cette case, montrant la précipitation confuse de l’action : d’abord celle d’ « un tourbillon de vent [qui] se déchaîna », entraînant à sa suite un nuage de poussières qui recouvre le narrateur, et puis celle du bâtiment, à moitié détruit, devant lequel  le narrateur ne peut plus contenir sa stupeur. Enfin, la dernière case, tout en horizontalité cette fois-ci, découvre le personnage principal, dans le lointain, au milieu des décombres imperceptibles, avec au premier plan « l’étang sombre se referma[nt] dans son silence sur les ruines de la maison Usher ».

La première case est symbolique à plus d’un titre. D’abord, parce qu’elle improbable, et par là même surnaturelle, la brèche s’ouvrant comme si derrière la façade de la maison, il n’y avait pas d’intérieur, ni d’autres murs, mais seulement les ténèbres de la nuit, et la pleine lune qui domine l’ensemble. Battaglia ne représente pas tant la fissure sur le bâtiment que la faille dans la réalité, les apparences stables du monde physique (les briques, le ciment) s’effondrant pour laisser exploser la pleine puissance du fantastique, ici figuré par deux topoï classiques : la nuit et la pleine lune. Le contraste entre l’astre blafard et l’obscurité résume par ailleurs toute la puissance du noir et blanc expressionniste de Battaglia, technique entièrement mise au service de la vision surnaturelle. Les deux images privées d’encadrement participent d’une logique comparable, parce que, dénuées du support concret de la case aux limites tracées à la règle, elles sont livrées à l’immatérialité du blanc de la page, perdues en dehors des limites du temps et de l’espace, libérées de tout ancrage matériel. Alors, on bascule de l’autre côté du réel, de l’autre côté du mur, dans l’univers imperceptible des esprits et de l’abstrait, au milieu d’un nuage exhalé par la destruction du monde physique. Le retour sur l’étang à la dernière case rappelle le dédoublement de l’environnement : sur la terre ferme mais aussi au milieu des marécages, l’étendue d’eau figurant un miroir déformant tendu à la réalité, l’inversant à sa surface, et dissimulant des profondeurs inconnues et inquiétantes, profondeurs auxquelles appartient désormais la Maison Usher et ses habitants.

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Ce miroir de l’étang, qui renverse le réel, il appelle aussi à un retour sur la planche, à la reconsidérer, ou à en rechercher le reflet. On a parlé de l’horizontalité de la dernière case, épousant l’étendue de l’étang, et puis de la verticalité de la première,  adaptée à la fissure qui y est représentée : cela devrait rappeler quelque chose. L’étang se retrouve en effet au même endroit dans la première et la dernière planche, en bas sur toute la largeur de la page, tandis que les cases avec la fissure, presque identiques dans leur forme, s’inscrivent dans une position diamétralement inversée dans l’espace. Une symétrie se dessine alors entre la première et la dernière planche, comme si l’une était le reflet de l’autre. En effet, on constate que la case du bas de la page a la même forme en escalier, en raison de la position contraignante du récitatif, mais inversée. Par ailleurs, la case en angle droit de la première planche, qui menaçait de vaciller en raison des dynamiques contraires de la verticalité et de l’horizontalité se retrouve décomposée dans la dernière planche, toujours dans l’inversion, et comme si l’implosion prophétisée par son déséquilibre du départ s’était réalisée : on retrouve l’étang, bien sûr, dans son étendue horizontale, mais la verticalité, qui s’est effondrée dans l’intervalle, se voit morcelée et affaissée : si on remonte du bas, on voit d’abord le personnage dressé de tout son long, la bâtisse à moitié en ruine, et puis le personnage courbé, et enfin son visage halluciné tout en haut. L’équilibre précaire de la toute première case, représentatif de celui de la réalité prête à céder la pas au surnaturel, s’est écroulé dans la dernière planche en se laissant envahir par le fantastique : et ce n’est pas tant la Maison Usher qui est détruite ici, mais la case initiale, sa décomposition presque abstraite favorisant le triomphe de l’indicible et du surnaturel sur la lisibilité de la représentation. Car on retrouve néanmoins beaucoup d’éléments qui rappellent la première case : le nuage de poussière renvoie à la brume qui enveloppait le narrateur à son arrivée (avec la même technique du grattage, qui fait se rapprocher la masse sombre du narrateur et de son cheval de celle du bâtiment en ruine) et les traits blancs qui jaillissent au-devant du narrateur halluciné (figurant peut-être les graviers projetés dans la destruction) font écho en les inversant aux traits noirs des branches dénudées qui surplombaient à l’origine la scène. Les deux planches sont donc symétriques, miroir l’une de l’autre, et cette symétrie incarne le renversement du réel vers le fantastique, le passage de l’autre côté, les valeurs inversée. Mais elle représente aussi la fatalité, puisque le début était déjà une image de la fin, puisque l’origine portait déjà en elle le germe de l’épilogue, puisqu’à la conclusion on ne fait que revenir au départ. La symétrie renvoie donc à l’inéluctabilité de la destinée qui s’accomplit telle qu’elle a été prévue au commencement, et sur laquelle le narrateur et Roderick n’eurent pas prise, enfermés entre cette parenthèse  qui trouve sa fin dans ses origines (rappelons que Roderick se croit victime d’une malédiction familiale).

http://loeilprivebd.blogspot.fr/2012/06/la-loupe-dino-battaglia-la-chute-de-la.html

Nicolas Tellop

Publié dans : Analyses de l'image, Fantastique | le 17 janvier, 2013 |3 Commentaires »

Analyse des AMBASSADEURS d’Hoblein Le Jeune par Camille Blervacq

Analyse des AMBASSADEURS d'Hoblein Le Jeune par Camille Blervacq dans Analyses de l'image hoblein-300x295

Les Ambassadeurs, tableau peint par Hoblein le Jeune en 1533, constitue au premier abord le double portrait d’un ambassadeur, à gauche, et d’un évêque, à droite. Mais si l’on s’intéresse plus attentivement à cette œuvre, on peut remarquer plusieurs détails qui enrichissent ce portait.

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Commençons par les quelques livres visibles sur l’étagère à laquelle sont adossés les deux personnages. Ils sont l’emblème du savoir, et le fait que certains soient ouverts montrent bien l’utilisation qui en est faite. A cela on peut ajouter les divers instruments de géométrie et de mathématique, mais aussi le globe terrestre qui symbolise la connaissance du monde, son exploration, notamment la découverte récente de l’Amérique. On perçoit également sur le dessus du meuble des objets propres à l’astronomie, symbolisant l’intérêt porté à l’ « exploration » du ciel. Si les deux personnages s’accoudent à l’étagère, c’est qu’ils sont littéralement soutenus par ces connaissances qui font d’eux de véritables êtres humains.

 

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Les détails plus subtiles sont incontestablement la corde cassée de l’instrument de musique sur le meuble en bas, représentation de la discorde, et le crucifix à peine visible en haut à gauche, à moitié dissimulé derrière la tenture, dénonçant tous deux les conflits religieux qui déchirent l’Europe de cette période.

 

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On peut aussi se questionner sur la présence de l’étrange forme sur le sol qui, regardée sous un autre angle, se révèle être un crâne humain. Il s’agit d’une anamorphose nous rappelant que nous sommes tous de passage et que, tous autant que nous sommes, nous ne pourrons échapper à la mort, contrairement au savoir qui, lui, se transmet de générations en générations par l’intermédiaire des livres, par exemple. Mais cette menace n’est pas malveillante, elle doit au contraire s’appréhender avec sérénité pour pouvoir vivre le moment présent dans le bonheur, et non dans la peur du trépas. A travers cette métaphore de la mort, on peut apparenter cette œuvre à une Vanité et au fameux précepte latin « memento mori », c’est à dire « souviens-toi que tu vas mourir ».

Publié dans : Analyses de l'image, Humanisme | le 12 décembre, 2012 |Pas de Commentaires »

La bibliothèque jeunesse idéale de Fabrice Colin

(Publié dans L’Express le 28/11/2012 – par Delphine Peras)

L’auteur à succès, notamment du récent 49 jours publié chez Michel Lafon, fait part à L’Express de quatre de ses livres clés.

Prolifique, talentueux, touche-à-tout (de la science-fiction au polar, des livres pour adultes à ceux pour la jeunesse), ce jeune quadragénaire a été quatre fois lauréat du grand prix de l’Imaginaire. Il publie aujourd’hui, chez Michel Lafon, Quarante-neuf Jours -premier tome d’un nouveau diptyque, La Dernière Guerre- qui met en scène un adolescent de 17 ans.

La bibliothèque jeunesse idéale de Fabrice Colin dans Bibliothèques idéales 1183425

Fabrice Colin

Le dernier livre lu. Je suis en train de terminer Enig Marcheur, de Russell Hoban (Monsieur Toussaint Louverture éd.), un récit post-apocalyptique sans équivalent. Le narrateur a 12 ans et il écrit en « parlénigm », une langue inventée, torturée et génialement baroque. Le résultat est sidérant de puissance: un chant d’avant le monde, débordant de générosité.

Le livre qui a changé votre vie.Moby Dick. « Il est grand temps de prendre le large. Ça remplace pour moi le suicide. » Qu’ajouter à ça? La littérature comme principe de survie, d’évasion et de combat. Tout le monde devrait lire ce roman avant le bac.

Le livre interdit. J’ai ouvert Last Exit to Brooklyn, d’Hubert Selby, à 14 ans et c’était un peu trop tôt, il me semble. Je réfléchis désormais à un moyen de mettre ce genre de trésors hors de portée de mes enfants afin qu’ils comprennent, le moment venu, combien leur lecture se révèle vitale.

Le livre que vous relisez encore et encore.Mon chien Stupide, de John Fante (10/18), découvert à 16 ans et qui m’a sauvé de l’asphyxie. La preuve qu’on peut être à la fois futile et profond, tragique et follement drôle. Un baume pour l’âme. »

Publié dans : Bibliothèques idéales, Fabrice Colin | le 11 décembre, 2012 |Pas de Commentaires »

La bibliothèque idéale de Doriane Mazari

Une pièce, un coin rien qu’à moi où personne ne pourrait entrer et où je pourrais être dans ma bulle sans être dérangée.

Cette pièce serait très grande et de forme triangulaire. Triangulaire parce que je veux que ce soit une pièce unique, anormale, que ce soit MA pièce. Les murs seraient hauts et de couleurs claires, dans les tons beiges ou marron, je ne sais pas. De toute façon, la couleur n’a pas d’importance puisque les murs seraient cachés par de grandes bibliothèques. Des bibliothèques tellement grandes qu’il y aurait une échelle en bois pour pouvoir aller chercher mes précieux livres. Ces bibliothèques seraient remplies de livres en tous genres car je pourrais avoir envie de lire n’importe quoi, n’importe quand. Mes livres seraient rangés par ordre alphabétique et par taille. J’aime quand c’est organisé. Le plafond serait fait en verre pour pouvoir voir les étoiles. Cela donne une petite touche de magie. Un fauteuil douillé serait placé au milieu de la pièce, sur un tapis de couleur claire. Il y aurait une lampe de chevet qui n’éclaire ni trop ni pas assez, posée sur une petite table à côté du fauteuil. Sur cette table il y aurait aussi des petits gâteaux parce que j’adore grignoter.

Il y aurait aussi quelques petites bougies parfumées éparpillées dans la pièce. Je pense que c’est tout… Il ne me manque plus qu’à m’y asseoir et dévorer un bon livre pour en faire une vraie bibliothèque idéale.

La bibliothèque idéale de Doriane Mazari dans Bibliothèques idéales rorik-smith

La bibliothèque idéale de Yolène Her

Au sein de ma bibliothèque idyllique, il y aurait des étagères remplies de livres, classées dans le désordre, tous genres confondus : fantastique, policier, science-fiction… Ils seraient comme un refuge où personne ne pourrait m’atteindre, mon propre monde où les personnages des histoires joueraient leur rôle jusqu’à la fin de la pièce, un moyen de m’évader. Leurs mots me feraient oublier l’existence de mes soucis et me remonteraient le moral. Un peu comme des amis à qui je me confierais indirectement et qui règleraient mes problèmes à travers ceux auxquels les personnages sont confrontés et amenés à résoudre. Ils ne me jugeraient pas pour mon apparence mais pour ce que je suis. Ils me livreraient leurs secrets, leurs intrigues, et leurs surprises a fil des pages. Des fauteuils confortables seraient disposés ci et là et m’accueilleraient mes livres et moi à bras ouverts. Juste en face des baies vitrées s’étaleraient tout le long du mur, donnant une vue intemporelle sur l’océan. La nuit, des bougies de toutes tailles éclaireraient ma lecture et le toit s’ouvrirait sur le ciel étoilé. A mes heures perdues, je contemplerais les flammes dansantes dans la cheminée. Ce serait un lieu simple mais contenant sa propre magie. Où rien de mauvais ne pourrait se produire. Un lieu chaleureux et sécurisant, imprégné de nostalgie.

La bibliothèque idéale de Yolène Her dans Bibliothèques idéales tableau12-300x199

 

La bibliothèque idéale de Laurine Pesek

Je vois ma bibliothèque idéale grande avec d’énormes fenêtres qui donnent vue sur le paysage extérieur et qui éclaircissent les pièces. Les murs de couleurs claires et simples, avec un grand escalier en verre qui mènerait à une pièce-détente pour lire tranquillement au chaud avec de quoi grignoter et boire.

De beaux petits fauteuils noirs en cuir, de belles décorations à mettre aux murs, de grandes armoires remplies de livres en tous genres : tel serait mon décor. Je consacre beaucoup de temps à la lecture et donc je sais que je passerai beaucoup de temps dans ma bibliothèque. Ce serait un endroit paisible où personne ne viendrait m’embêter.

La bibliothèque idéale de Laurine Pesek dans Bibliothèques idéales fabrication-escalier-de-bibliotheque

 

La bibliothèque idéale d’Aurore Dumont

Ma bibliothèque idéale serait composée de romans d’aventures, de recueils de poésie, de petites nouvelles de toutes sortes, de contes, etc.

Ma bibliothèque ne serait pas trop grande pour que je puisse sans problèmes prendre les livres qui se situent tout en haut, elle serait plutôt tout en longueur,  bien rangée, bien organisée par ordre alphabétique d’auteurs et par catégories, pour retrouver facilement le ou les livres dont j’ai envie.

Ma bibliothèque serait bien sûr ouverte à tous. Il y aurait aussi un fauteuil confortable pour être à l’aise et bien installée pour avoir une lecture des plus agréables possibles. La pièce de ma bibliothèque serait claire, lumineuse et en même temps chaleureuse. Il y aurait aussi une grande table avec des chaises confortables pour partager des lectures avec des amis ou de la famille.

La bibliothèque idéale d'Aurore Dumont dans Bibliothèques idéales biblio

La bibliothèque idéale de Félix Ratajczak

La bibliothèque de mes rêves serait gigantesque et architecturale, avec un large choix de livres, bandes dessinées, romans en tous genres, policiers, dramatiques, d’horreur, fantastiques, de science-fiction… La bibliothèque serait aussi haute qu’une maison, possédant plusieurs étages selon le genre de livre et chaque étage contenant quatre rangées d’étagères géantes.

Ma préférence se dirigerait vers l’étage des romans policiers, car j’aime les résolutions de crimes, les enquêtes menées pour enfin conduire au tueur ; cela produit des sensations fortes, l’effet de surprise et le suspense sont souvent au rendez-vous!

Tout en haut de la bibliothèque, il y aurait un étage d’une grandeur équivalente à une salle des fêtes : sa seule vocation serait la détente pour y lire paisiblement le livre choisi…

La bibliothèque idéale de Félix Ratajczak dans Bibliothèques idéales

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